Margaux Dufau a crée l’association LES ASTROLIENS, qui accompagne les personnes âgées en perte d’autonomie dans la découverte des outils numériques. Le truc pas fake du tout. Des actions qui mettent du baume au cœur de nos seniors toute l’année. Les emmener ailleurs, sur la planète web, pour qu’ils partagent notre monde.

Cette fille est une bombe.

J’imagine que ton parcours a été marqué par ta relation avec nos seniors. Raconte-nous.

J’ai toujours été très proche de mes grands-parents, notamment du côté paternel. On passait une grande partie de l’été chez eux avec mon frère, entourés de mon arrière-grand-mère et des sœurs de ma grand-mère. C’était très vivant. L’été de mes 17 ans j’ai trouvé un petit boulot d’été dans une maison de retraite pour personnes âgées dépendantes. L’ambiance là-bas n’avait rien à voir avec les belles images que je projetai sur « la vieillesse ». Les personnes étaient très tristes et vivaient sans but. Celles qui avaient encore toute leur tête étaient souvent limitées par leur corps.

J’ai appris plus tard qu’on estime à 40% le nombre de personnes âgées en dépression dans les maisons de retraite. C’est quelque chose qui m’a marqué et qui est resté dans un coin de ma tête pendant mes études.

Quel a été le moment « déclic » pour créer le projet concrètement ?

A la fin de mon master, j’ai décidé de m’engager sur le sujet. J’ai découvert le service civique, un programme pour les jeunes de moins de 25 ans qui permet de s’engager pendant 6 à 12 mois sur un sujet de société qui nous tient à cœur (écologie, handicap, intergénérationnel,..). J’ai choisi de créer ma propre mission autour du numérique et de l’intergénérationnel, qui est devenue une association à part entière en 2016 : Les Astroliens.

J’ai imaginé un accompagnement basé sur la personne accompagnée : sur ce qu’elle aime, qui elle est et de ses besoins.

Nous mobilisons des jeunes bénévoles qui proposent à nos aînés des projets ancrés dans le réel où le numérique n’est qu’un moyen de les rendre possible. Ça peut être par exemple d’organiser une sortie au musée : consulter les horaires, les expositions, commander un taxi, l’accessibilité pour les fauteuils roulants, etc.

Quels ont été tes premiers bonheurs, et tes premières difficultés ?

Les premières fois que j’ai présenté le projet dans des maisons de retraite, c’était très touchant. Les résidents étaient heureux que quelqu’un prenne le temps de leur expliquer ce que c’était « internet ». Un monsieur m’a dit à la fin d’une présentation : « Dire que j’ai bientôt 100 ans et qu’il y aurait encore tant à apprendre, tant à découvrir ! ». Ça m’a beaucoup touché.

Les premières difficultés sont venues de la nécessité de passé d’une initiative personnelle réussie à la transmission auprès d’autres jeunes des bonnes pratiques à suivre. C’est pour cette raison que j’ai mis en place toute une démarche de suivi et coordination des binômes de « jeunes-aînés », qui est devenu le vrai savoir-faire de l’association Les Astroliens.

Quelles sont les personnes inspirantes qui ont marqué ton chemin ?

Il y a beaucoup de personnes qui m’ont marqué.

Mon arrière-grand-mère et ses trois filles, comme je l’expliquais un peu plus tôt, ont été très inspirantes pour moi dans ma vision du « bien vieillir » notamment. Elles sont toutes les quatre très proches, toujours à l’écoute, drôles et prévenantes. J’ai la chance d’avoir rencontré de nombreux porteurs de projets très inspirants au cours de mon parcours entrepreneurial. Je pense notamment à Marie Trellu-Kane qui a fondé l’association Unis-Cité, au sein de laquelle j’ai fait mon service civique. C’est grâce à elle que le Service Civique est arrivé jusqu’en France. C’est un programme qui permet tous les ans, à des milliers de jeunes de grandir en s’engageant pour la société. Je trouve ça beau.

Humainement, j’ai aussi été très touchée par ma rencontre avec Amma (Mata Amritanandamayi) lors de mon échange universitaire en Inde. C’est une grande figure spirituelle actuelle en Inde. Avec des amies, nous sommes allées la voir dans son Ashram (lieu où elle réside et enseigne la spiritualité). Nous n’y sommes restées que quelques jours mais j’ai pu me rendre compte à quel point la cohérence entre nos actions et ce que nous sommes à l’intérieur peut nous porter loin.

Quels sont les prochains jalons de ton association ?

Pour 2017 nous nous sommes fixé l’objectif de coordonner 100 binômes intergénérationnels « Jeune-Aîné » dans 1 à 3 région de France. Pour y parvenir, nous avons lancé une campagne de dons en ligne qui est accessible jusqu’au 15 février. Cette campagne nous servira à financer des premiers investissements pour changer d’échelle. En parallèle nous cherchons des partenaires (collectivités, entreprises, proches de personnes âgées, associations). Nous souhaitons prouver que les associations d’aujourd’hui peuvent avoir un bel impact sur la société tout en construisant un modèle économique viable, qui ne dépende pas uniquement des subventions.

 

@capbertrand

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