Découvrez le parcours d’une femme exceptionnelle.

Portrait du bonheur. Charlotte Namura enfile ses crampons pour Téléfoot.

 

Lors de ma recherche internet, j’ai lu que tu étais comédienne, modèle pro, présentatrice radio et tv.Vous êtes combien à l’intérieur ?

On est beaucoup dans ma tête (rires) ! Plus sérieusement, ce que tu viens d’énumérer, c’est tout mon trajet.

J’ai un parcours atypique. Je ne suis pas passée par une école de journalisme traditionnel, vace un stage de fin d’étude et un projet d’embauche. J’ai vadrouillé à droite et à gauche.

Après mes études en fac littéraire, j’ai étudié au Cours Florent pendant deux ans. Ca marchait bien et je me voyais faire du cinéma.

Je viens d’une famille d’artistes et je m’imaginais bien comédienne.

J’ai toujours aimé animer : j’avais cette envie depuis longtemps. Je suis partie très jeune de chez moi donc j’ai fait énormément de petits boulots. Et selon moi, c’est une vraie formation, celle de la vie : gérer le quotidien, les factures, manger des pâtes, voyager, galérer, rencontrer des gens et faire des expériences différentes. Avec tout ce bagage, j’ai fait mon entrée il y a deux ans à l’Académie audiovisuelle, une super école de journalisme audiovisuel  d’une année mais qui dure en fait toute la vie !

Le prof de ma section me conseille encore et devient mon agent. C’est lui qui m’a formé aux techniques du plateau. Ainsi, je me suis servie de toutes mes expériences de vie pour cette formation et ça a marché très vite. J’ai ensuite été embauchée pour une web tv, avec un petit budget qui m’a permis de me faire repérer par TF1. La télé et l’animation sont devenues une vraie addiction.

 

Avais-tu prévu tout cela franchement ?

Je ne pensais pas que ça marcherait. Je n’ai pas un oncle connu (rires) ! J’ai de la famille dans la post production mais jamais je n’aurais demandé quoique ce soit. Ma particularité et je le répète souvent c’est que je voulais étre une femme qui parvient à son but en prenant un chemin normal : sans coucher, etre pistonnée ou changer mon attitude ou mon physique. Pourtant, on s’est beaucoup moquer de moi quand je me suis lancée. Je voulais y arriver par moi-même !

Les réseaux sociaux m’ont aidé à me faire connaitre. Je faisais des blagues sur le foot et Canal Supporters m’a demandé de les rejoindre, avant que l’appel du rédacteur en chef de TF1 ne me propulse à passer un essai et à enregistrer mes premières chroniques dans la foulée.

Franchement c’est ma plus belle victoire : y avoir cru, y être parvenu par le chemin que je voulais emprunter, malgré les remarques décourageantes.

A ce propos tu as des anecdotes sur des remarques désobligeantes ou négatives ?

Sans trop te faire de phrase, on sait te faire comprendre beaucoup de choses. Ce sont les non-dits.

C’est surtout les commentaires internet qui m’ont fatiguée à mes débuts qui n’étaient jamais en rapport avec mon travail d’ailleurs . C’était plutôt sur ma facon de m’exprimer , ma poitrine notamment . J’ai appris à ne pas mettre de décolletés, à faire attention à mon attitude.

J’ai quand meme voulu tout arreter, alors que le foot est ma passion depuis mon anfance. Mon père m’a amené très jeune au stade. Je dois justifier de cette passion assez souvent d’ailleurs ! C’était fatiguant.

D’autres femmes qui travaillent dans le milieu m’ont prévenu que le chemin allait etre difficile mais qu’il falllait que je m’accroche. Et le soutien de mon compagnon est primordial : il m’encourage sans cesse.

A TF1, j’ai des demandes en mariage sur internet maintemant (rires) et surtout une grande ouverture d’esprit dans l’équipe !

Qu’est ce qui te distingue des autres (en dehors du fait que tu es une femme) dans ton domaine ? Ton rire ?

Je pense que c’est ca ! C’est ma marque de fabrique !

Je suis simple et cool. Un peu trop d’ailleurs, je me suis améliorée. La télé en plateau c’est beaucoup de travail. J’ai une vraie place à prendre parceque j’en ai marre des « nunuches ». Je fais certes des remarques physiques sur les footballeurs pour rire mais je sais aussi parler technique.

Est-ce que tu as des modèles de femme ?

Je pense immédiatement à une de mes amie directrice en ressources humaines avec une forte personnalité et ma mère syndicaliste, communiste et féministe forte des idées qu’elle m’a transmis.

J’ai une vraie culture des femmes « fortes ».

Ma mère occupe une place particulière parcequ’elle a lutté des années contre un cancer, tout en voulant garder sa féminité. Elle m’aide aujourd’hui à ne jamais abandonner. J’ai les pieds sur terre et je sais que je n’ai pas le métier d’infirmière, que je ne fais que faire rire les gens. Ce sont les femmes que j’aimerais voir et entendre plus souvent. De mon côté, je veux m’imposer dans un milieu masculin sans passer pour la potiche de service. C’est un combat personnel.

Quels sont tes projets ?

Je ne fais que commencer avec la formidable équipe de Téléfoot, qui souhaite me faire avancer.

Il y a aussi un projet de chaine, « TéléTV » montée par Pascal Bataille et mon directeur d’école. On s’éclate à monter ce projet de chaine de télé sur les médias. Le CSA a adoré le concept : la télé qui parle de la télé. Tout est nouveau, ce sera du jamais vu.

@capbertrand

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