A l’occasion du 10 ème anniversaire des Cartier Women’s Initiative Awards, nous avons rencontré Christine Borgoltz, directrice des relations extérieures de Cartier, témoignant de l’engagement de la marque pour les femmes du monde entier. Les lauréates des quatre coins de la planète reçoivent une aide financière et un coaching d’une année pour les aider à avancer dans leur projet d’entreprise. Leçon d’excellence d’une humaniste.

Chez Cartier, nous ne sommes pas détachés du monde dans lequel nous vivons.

 

Christine Borgoltz, directrice des relations extérieures de Cartier International

Comment le Cartier Women’s Initiative Awards est né chez Cartier ?

Cartier est une maison engagée depuis longtemps. Il y a 30 ans, avec la fondation pour l’art contemporain, nous étions précurseurs. Nous sommes reconnus comme une fondation intègre, libre de toute activité marchande.
Le propos des Cartier Women’s Initiative Awards a suivi cette idée principale, à sa création, il y a 10 ans. Le Women’s Forum s’est rapproché de nous pour nous proposer de sponsoriser l’événement. J’ai répondu que nous ne serons jamais « sponsor » de quoi que ce soit. Pour moi, cela ne veut rien dire. On s’engage, ou non. De là, nous avons mené, avec mon directeur de l’époque, Bernard Fornas, une réflexion à ce propos et nous avons proposé ce prix, pour aider les femmes, les aider à oser. Il s’agit d’agir comme un déclencheur, avec notre réseau, nos filiales, et dans la mesure où Cartier est une Maison internationale, le faire sur les six continents. Nous avons créé un prix, non pas philanthropique, mais pour développer un business. Et je crois que ce n’est pas la somme allouée avec ce prix qui fait la différence, mais le coaching proposé.

 

Nous avons établi les règles la première année, avec nos partenaires INSEAD et McKinsey, et une petite équipe a été construite. Nous sommes passés de 500 à 2000 candidatures.
Tous les domaines sont représentés, pourvu qu’il y ait une innovation, de la créativité et de l’audace. La pré-sélection est soumise à des jurés par continents. Celles-ci devenant membres d’honneurs et coaches les années suivantes.

 

Nous favorisons la visibilité pour prouver que ces projets peuvent tout changer.

 

Il y a une réelle cohésion des parties prenantes de ce prix.

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C’est une communauté, un networking à grande échelle. C’était le plus important pour moi ; créer une communauté impliquée partout, donnant des conseils à celles qui démarrent leurs projets.
Nos finalistes reviennent d’ailleurs et deviennent speakers. C’est une famille qui se constitue, année après année. Un lien amical profond existe de l’Afrique à l’Inde et en Amérique du Sud. Il y a deux ans, nous avons eu deux projets au sujet de la préservation de l’eau et de son assainissement, de la part d’une chinoise et d’une indienne. Nous les avons fait se rencontrer et elles étudient aujourd’hui les possibilités de collaboration.

L’épanouissement existe donc au-delà du prix.

Le prix est une prise de contact, une reconnaissance. Cette reconnaissance donne une confiance. Et cette confiance donne aux femmes l’envie d’aller encore plus loin. Elles se sentent fortes.
Les candidatures constituent une base de données sur l’ambition des femmes dans le monde.
Depuis dix ans, nous apprenons des femmes et rien n’est figé. Les candidatures mises en place en Europe et ailleurs montrent de bons résultats de participation des femmes, sauf en France.

Les femmes m’ont toujours donné un coup de pouce.

Comment l’expliquez-vous ?

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Nous pensions que la candidature étant en anglais, cela constituait une barrière mais étant donné le nombre de candidatures en Afrique francophone, nous avons écarté cette possibilité. Les françaises n’osent pas. Nous avons fait faire une étude par l’INSEAD sur tous les projets primés, et 80% de ceux-ci sont encore viables aujourd’hui. Ce qui montre que nous ne nous sommes pas trompés. C’est un réel motif de satisfaction.

Quel est votre parcours jusque votre arrivée au sein de la maison Cartier ?

J’ai commencé au sein d’un très grand groupe média. Les femmes m’ont toujours donné un coup de pouce. J’ai démarré à la fondation Cartier pour l’Art Contemporain avec Marie-Claude Beaud, une femme engagée formidable. Je l’avais défendu via une campagne de communication en 1982 lorsqu’elle rencontrait des problèmes au musée de Toulon, car elle exposait les poubelles d’Arman. A l’époque, elles n’étaient pas considérées comme de l’art contemporain mais comme un blasphème. Grâce à cette campagne de communication, elle a rencontré Alain – Dominique Perrin qui avait le projet de créer une fondation. J’ai rejoint l’aventure ensuite, nous étions en Juin et l’on devait ouvrir en Octobre. Tout était à faire.
Marie-Claude m’a appris une chose importante, et que je partage avec mes équipes : l’exigence au quotidien. L’Art est partout. Une curiosité insatiable est indispensable. Je voyage énormément et je ressens cette bouffée d’énergie partout.

Tous les domaines sont représentés, pourvu qu’il y ait une innovation, de la créativité et de l’audace.

 


Les projets sélectionnés ont un rapport avec l’éducation, la santé ou encore l’environnement. Ce qui peut étonner, de la part d’une marque de luxe.

Nous avons acquis une maturité dans les projets, une crédibilité internationale. Il y a de l’émotion et du partage. Nous ne sommes pas détachés du monde dans lequel nous vivons. Les créations Cartier sont intemporelles et ont toujours accompagné les femmes. Avec ce prix, des projets de « bon sens » sont mis en valeur. On s’aperçoit, par exemple, que les projets du Moyen-Orient sont tournés vers les questions d’éducation.
Vous êtes un révélateur de problématiques culturelles.
Les femmes en sont les grandes révélatrices. Elles viennent chercher une visibilité et Cartier prodigue du rêve et de la reconnaissance. Il n’y a pas de critère d’âge. La deuxième année, une panaméenne de 77 ans s’est présentée et a gagné le prix Cartier. Elle avait développé un appareil acoustique pour son mari qui entendait mal, et lorsqu’elle est rentrée chez elle, le président l’attendait à l’aéroport. Non seulement le prix a changé sa vie, mais cet appareil est aujourd’hui remboursé dans son pays. Nous favorisons la visibilité pour prouver que ces projets peuvent tout changer.

Avez-vous des modèles de femmes et d’hommes ?

Je fais confiance aux femmes et je pourrais citer toutes celles que je rencontre avec ce prix et celles qui constituent mes équipes. Je pense à ma rencontre avec Nelson Mandela, dont je ne me suis toujours pas remise. Et j’ai beaucoup d’admiration pour Christine Lagarde, qui a su garder son contact humain. C’est primordial selon moi.

Lauréates 2015 au Women's Forum
Lauréates 2015 au Women’s Forum

Si vous étiez présidente de la République demain, sur quel programme auriez-vous été élue ?

Je suis engagée mais je trouve que les politiques ne pensent pas assez à l’évolution du monde. L’hypocrisie règne quel que soit le camp choisi. Je suis attachée aux valeurs et à une certaine éthique.

Quel est l’adage qui vous accompagne tous les jours ?

Une phrase de Mahâtma Gandhi « Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup ; il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent. »
Il faut voir le positif partout et tout le temps. Avancer, toujours.

 

@capbertrand

 

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