Elle le veut et elle le fait de tout son cœur

Cyrielle Hariel est marraine du Prix International Terre de Femmes 2016 de la Fondation Yves Rocher, présentatrice à Ushuaia Tv et se prépare à la sortie de son livre, traçant la ligne de son cœur. Des bénédictions pour une green journaliste particulièrement convaincue et convaincante au parcours angélique. Attention émotion.

Cyrielle Hariel et Jacques Rocher, président d’honneur de la Fondation Yves Rocher

Vous précisez sur votre blog que vous êtes journaliste green & positive. Comment en êtes-vous arrivée à cette définition particulière ?

Je suis attirée par le domaine de la télévision depuis l’enfance. Et, je me disais qu’un jour, j’y serai peut-être.
Dès mes premiers pas, mon père m’a fait découvrir un artiste en particulier dont l’univers me confronta à mes premières images humanitaires. C’est l’univers de Michael Jackson. J’ai grandi avec sa musique et c’est grâce à lui que j’ai voulu apprendre l’anglais pour comprendre les paroles de ses chansons. Je pouvais pleurer devant le Roi Lion, mais aussi en regardant « Heal the world» « Man in the mirror » « Earth Song » ! Si bien que lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais avec un regard à la fois rêveur et déterminé à mon interlocuteur, dès l’âge de 4 ans: « J’interviewerai Mickael Jackson ! ».
28 ans plus tard, j’ai ma carte de journaliste, il n’est plus vivant, mais il le reste pour moi et je compte bien un jour lui rendre hommage en réalisant un documentaire.

 

La chanson dit :

Si tu veux que le monde soit meilleur commence par changer l’homme dans le miroir.

 

Votre parcours a pris un virage il a un an. Quel est le chemin parcouru ?

Mon baccalauréat scientifique en poche, passée par la case internat, je suis d’abord stagiaire auprès de l’équipe de Pascal Bataille et Laurent Fontaine lorsqu’ils étaient chez Loribel. C’est en 2010 que je décroche mon premier contrat pour l’émission les Animaux de la 8 sur D8 (ndlr anciennement Direct 8), en tant qu’enquêtrice junior. Ce fut une très belle formation avec une équipe incroyable.Je remercie d’ailleurs encore les deux animatrices Sandrine et Élodie et le groupe Bolloré de m’avoir permis de faire mes premiers pas en TV! C’est une véritable opportunité de commencer dans une chaine naissante et qui évolue à pas de géant, on ne peut qu’apprendre, ce fut une expérience première bénéfique. C’est là que je découvre mon goût pour le terrain et mon envie d’aller vers l’autre, de comprendre les intérêts des gens à faire leur métier, et à suivre leur passion.

Cyrielle HarielEn 2012, je découvre que le Cirque du Soleil organise une tournée européenne en hommage à Michael Jackson. Ceux qui m’inspirent ce sont les gens qui ne partent de rien comme le québécois Guy Laliberté, l’un des fondateurs de cet empire moderne de divertissement. Et donc, je me passionne pour le Cirque du Soleil à ce moment-là. Jje découvre qu’il a fondé une ONG One Drop pour répondre à l’un des fléaux les plus importants au monde : l’accès à l’eau salubre, qu’il a réussi avec son propre argent alors qu’il vient de la « rue » , à financer son propre voyage dans l’espace.
Avec ce spectacle « Michael Jackson, The Immortal World Tour by Cirque du Soleil », je me dis que c’est une formidable occasion pour moi et j’écris à Live Nation. Je réalise alors mon premier reportage pour le web, avec mes moyens, aidée par un ami réalisateur Pierre Noguéras, réalisateur de la dernière campagne « Regarde moi » pour l’association Laurette Fugain et un preneur de son. Je fonctionne par flashs comme cela. Par exemple, un dimanche, alors que je sors d’un cours de Gym Suédoise en marchant en plein soleil et que j’écoute pour la énième fois « Man in the mirror » de M.J, j’ai un grand frisson qui me traverse tout le corps de la tête aux pieds et qui me donne l’impression qu’il chante cette chanson pour moi à cet instant. J’écoute avec attention chaque mot, je crois que c’est à cet instant que tout a commencé.

La chanson dit :

Si tu veux que le monde soit meilleur commence par changer l’homme dans le miroir.

C’est tout le message de notre cher Pierre Rabhi, Michael nous incitait déjà en 87 d’être un colibri ! (Sourire)
D’un seul coup, en une fraction de seconde, ce fut une évidence pour moi : je répète à longueurs de journées « il faut que », mais qu’en est-il de ce que je fais, moi ? Je commence alors mes premières interviews en ONG afin de comprendre les différents enjeux, je me documente sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations-Unies (OMD) devenus les ODD,  dans le but de faire des émissions/reportages/documentaires humanitaires positifs, sensibiliser le grand public et surtout les jeunes. Ma chance réside dans les rencontres que je fais. Comme celle de Frédérick Lacroix, producteur, qui a été le premier à croire en mon projet.
Puis, j’ai été séduite par le fait qu’une femme préside une ONG comme Stéphanie Rivoal, alors Présidente d’Action Contre la Faim en 2013. Lorsque je rencontre cette femme qui finit par me répondre au bout de plusieurs mails (rires), elle accepte de m’emmener avec elle sur le terrain, au Bangladesh. La veille de mon départ pour Dacca une amie me rappelle que je dois passer un check up afin d’être à jour sur mes vaccins. Et me voilà à l’Institut Pasteur.


Une femme médecin, que je ne remercierais jamais assez, le Dr Goesh Julia, me détecte un souffle au cœur. De retour de mon voyage, un cardiologue, le Dr Sitruk Laurent, lui aussi avec son équipe formidable car ils ont su me rassurer chaque jour précédant mon intervention, m’explique que le côté droit est en train d’étouffer la partie gauche de mon coeur. Une déformation congénitale. On me découvre un trou de 2 cm entre les oreillettes à 27 ans ! Une valve qui ne s’est jamais fermée, un défaut de fabrication qui aurait pu me couter la vie (sourire).
Je suis alors opérée en urgence. C’est l’histoire du symbole de mon blog et des photos que je fais avec toutes les personnalités engagées que je rencontre. Depuis cette opération, j’ai compris que j’avais quelque chose à faire et qu’il fallait que je fasse de mon métier quelque chose d’utile.

Et vous faites désormais partie de l’équipe de l’émission Le Mag sur Ushuaia TV.

Absolument, et j’en suis ravie. Je présente une chronique « coup de cœur » (rires) ! Je continue de parler des engagements des personnes que j’interviewe pour mon blog par exemple. J’apprends beaucoup de tous ces parcours, ces destins, ces combats. Je suis jeune, j’ai encore tellement à apprendre. Si je pouvais apprendre 24h/24 je le ferais car cela me nourrit ! Des gens qui viennent de cultures différentes, qui ont eu une éducation différente, des expériences différentes et qui pourtant ont cette même ambition: changer le monde pour que l’humanité puisse vivre en harmonie avec son environnement !
Je me lève chaque jour impatiente d’une nouvelle rencontre !

 

 Se respecter, c’est la base, par là que tout commence.

 

Tout en continuant à travailler sur votre projet personnel qu’est votre blog.

Oui, j’ai commencé au printemps dernier avec le soutien des équipes de mon ancienne école de communication, l’EFAP qui m’ont permis de faire des vidéos. J’ai ensuite été accréditée pour la COP21 en partenariat avec Paris Match, au cours de laquelle j’ai rencontré Marion Cotillard, Sean Paul, Robert Redford, Pierre Rabhi, le cacique Raoni, la primatologue Jane Goodall…

©Jérémie Lamarch

Vous êtes une adepte de la protection animale, environnementale, de la nourriture saine.

Pour moi, tout commence dans l’assiette et comme le dit si bien le capitaine Paul Watson « Si l’Océan meurt, nous aussi. ». Il est temps de consommer autrement. Devenir végétarienne a été très simple pour moi, car en tant que sportive, avoir une alimentation équilibré, il n’y a pas mieux ! Fruits, légumes et céréales et  je fais mes 6h de sports par semaine très facilement !

Y aurait-il un moyen de créer un ordre mondial en faveur de l’environnement ?

La Cop 21 est un pas. Un accord signé en 2015. Enfin ! Sinon les ONG sont présentes pour agir. Il faudrait qu’il y ait davantage de personnalités qui s’engagent, qui éveillent les consciences sur la réalité de la situation. La jeunesse prend jour chaque conscience du monde qui est en train de se dessiner pour les générations futures si les mentalités ne changent pas. Les idées germent alors à vive allure aux quatre coins du globe et nous n’avons pas fini pas fini de voir des innovations utiles ! C’est ça qui est génial, avoir une vision positive de notre futur, aussi bien celui de l’humanité que de notre vaisseau commun, notre Planète Terre.

Comment imaginez-vous votre vie dans les dix prochaines années ?

J’aimerais me rendre utile sur le terrain et créer une fondation, et un orphelinat. Parcourir le monde à la rencontre de ces hommes et femmes, ces pionniers qui changent déjà le monde via leurs innovations frugales ou digitales, leurs associations ou ONG. J’aimerais collaborer avec de ambassadeurs dans le monde pour essayer d’être une « porte-parole » un jour des personnes que l’on entend encore si peu dans les médias.
Lors de mon voyage au Bangladesh en 2014 j’ai rencontré une petite fille lors d’une « visite » dans un camp de réfugiés, son regard, son sourire, sa joie de vivre, sa curiosité m’ont beaucoup émue.


L’idée d’adopter un jour des enfants m’a à ce moment-là traversé l’esprit. Si j’avais été plus âgée et qu’elle avait été orpheline, je me serais bien vue l’adopter. Donner de mon énergie et de mon cœur. Les actions humanitaires d’Angelina Jolie m’inspirent beaucoup par exemple ! Elle a eu son déclic lors d’un tournage au Cambodge pour le film « Lara Croft » . Elle en est revenue avec son fils adoptif Maddox quelques mois plus tard. C’est peut-être ce qui m’arrivera un jour à la suite d’un tournage.

Justement, avez-vous des modèles, des mentors qui vous inspirent ?

J’ai une grande admiration pour ces femmes carriéristes et engagées qui ont à la fois une vie de famille épanouie. Mon rêve est de pouvoir tout faire, avec un homme à mes côtés qui me comprenne, à la manière de Céline Dion. Je m’imagine avec une personne qui agit. Angélina Jolie par exemple pourrait être une de ces femmes, en plus nous sommes nées le même jour ! (Rires)
Sur le plan journalistique j’apprécie beaucoup le travail et le ton d’Élise Lucet et de son équipe. « Cash Investigation » épouse parfaitement mes valeurs. Je n’aime pas le conflit mais quand il y a mensonge et danger pour la population, ça je ne l’admet pas. Se remplir les poches sur le dos de personnes vulnérables est contraire à mes convictions. Se remplir les poches c’est bien, quand ça permet d’élever, de guérir ou de pérenniser la vie d’autrui, tout en protégeant notre environnement et la biodiversité, c’est encore mieux selon moi.

Quelle est la phrase qui vous donne de l’énergie ?

Je n’en ai pas de précise. Je dirais « s’aimer soi-même ». Se respecter, c’est la base, par là que tout commence. Ce qui rejoint le proverbe « Aide-toi et le ciel t’aidera » qui résume un peu le début de ma nouvelle vie en fait. Ma prothèse cardiaque, je la vois comme une récompense de l’univers, de la vie. (Sourire)

@capbertrand

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