Diana-Paola porte le nom de famille du déterminisme chaleureux, qui accompagne une carrière de femme sensible et inspirée. Dirigeante d’Or International, elle est une experte dans le domaine du luxe, et sans conteste un role model.

Rencontre avec cette directrice de casting des relations, lors de sa présence au  Congrès Européen des Business & Professional Women à Zurich.

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Mon adage est things happen for reason and for the best.

Vous avez dix ans d’expérience dans le monde du luxe. Est-ce le résultat d’un parcours calibré ? 

Ce qui est certain c’est que je suis assez intimidée d’être interrogée puisque je suis d’habitude du côté des journalistes, dans l’ombre. Je viens du sud de la France et j’ai passé mon baccalauréat littéraire qui devait être scientifique. Je voulais faire de la recherche en cosmétologie, et travailler chez Chanel.  Je me suis retrouvée à avoir des douleurs en Physique et à devoir me réorienter. J’ai finalement intégré HEC puis une école de Commerce, afin de récupérer le monde du luxe, autrement que par le biais de la cosmétologie. En parallèle, j’ai échoué au concours de Sciences Po Paris, avec une petite aigreur. Convaincue que c’était un signe du destin, je suis partie faire Political Science à Berkeley en deux sessions, pour obtenir des units et pratiquer mon anglais, qui m’a servi toute ma carrière.

Ma vie a toujours été faite de croisements de vies et de chemins, de choix qui se sont révélés être des évidences en fin de compte.  Ma première mission était pour la maison Façonnable alors que je devais partir à New-York chez Yves Saint Laurent.

Comment avez-vous fait ce choix ?

Au feeling. Un concours de circonstances, un dimanche après-midi. J’ai rencontré les fondateurs de Façonnable et j’ai eu un coup de coeur pour leur projet. J’appelle cela des jolies rencontres, des opportunités de vies.

Vous êtes donc une intuitive.

Ou une enthousiaste ! Quoiqu’il arrive, mon adage est things happen for reason and for the best. J’envisage les événements positifs ou négatifs de cette même manière. J’entreprends dans le respect de mes valeurs et avec grande gratitude.

Quel est votre rôle auprès des marques avec lesquelles vous collaborez ? 

J’ai d’abord été au développement commercial. J’ai eu l’opportunité d’être directrice Communication après avoir été directrice de marque. J’ai privilégié la communication : dépenser l’argent de mes clients pour en faire une plus jolie notoriété.

A quel moment de ce parcours, avez-vous basculé du statut de salarié à celui d’entrepreneure ?

A Florence, au salon du Pitti Imagine Uomo, Monsieur Brunello Cucinelli lui même, que j’avais connu dix ans auparavant, me salue comme à chaque fois et me dit « Diana-Paola, j’ai une opportunité pour vous sur le marché français ». Le contrat était bouclé en deux mois. il s’agissait de créer une filiale en France. A la place j’ai créé la mienne et la sienne avec une exclusivité de deux ans. Nous nous sommes ainsi lancés l’un et l’autre sur le marché français, sauf que lui est entré en bourse et moi pas encore (rires).

C’est un de vos projets ? 

Mon objectif est de rester à taille humaine pour offrir une prestation très personnalisée à mes clients. Nous sommes une équipe de trois personnes, en collaboration avec quarante experts, et que ce soit à Paris ou à Tokyo, je représente personnellement les marques sur les événements. A titre personnel, c’est de me mettre en scène pour intégrer un conseil d’administration.

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Je termine ma journée en me remémorant mes trois « kiff » de la journée.

Justement, comment faites vous pour tout gérer ? 

Avec beaucoup de modestie, je dirais que je me transforme en chef d’orchestre parce que je n’aime pas le verbe « jongler ». On peut perdre la balle en jonglant. Je préserve mon énergie pour mener à bien mes projets.

Est-ce que aujourd’hui, vous choisissez vos clients ?

Je choisis les projets de mes clients. Il n’y en a pas de petit. J’ai besoin qu’ils fassent sens : égalité salariale, dépollution des sols. Même pour le lancement d’une collection mode, pour embellir les femmes, ou la rénovation d’un hôtel, pour préserver un patrimoine historique.

Vous êtes d’ailleurs une femme engagée.

J’a toujours donné de mon temps et de mon énergie. En 2007, j’ai commencé à le faire pour l’égalité salariale, un thème très important. Je suis impliquée dans le projet Equal Pay Day qui se déroule en Avril, et je suis membre d’une ONG, Business and Professional Women. J’ai également signer la charte de We Principles sur la prise en considération des femmes. Je suis engagée contre les discriminations faites aux femmes, de celles mises au placard après un congé maternité à celles dont on décide la trajectoire professionnelle. J’essaye de sensibiliser à mon petit niveau.

Quels sont vos modèles de femmes et d’hommes ?

J’ai beaucoup lu de femmes et d’hommes qui m’ont inspirés. Trois personnes ont marqué ma carrière, Richard Simon, pour son courage et sa loyauté, Jean-Pierre Benaim et Albert Goldberg de Façonnable qui m’ont fait confiance, et Jean-Christophe Bédos, un patron très positif. Ces hommes accompagnent toujours ma carrière.

Si vous étiez présidente de la République, sur quel programme auriez-vous été élue ? 

L’éducation et la transmission sont indispensables. A tous les niveaux et au sens large. Les programmes scolaires sont trop chargés et les enfants ne retiennent rien, et j’observe des fautes d’orthographe sur des sms d’adultes. Je suis apolitique, mais j’aurais aussi envie de mettre en valeur des projets en faveur de la parité.

Quelle est la pensée qui vous accompagne, dans les bons et mauvais moments de votre vie ?

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles » d’ Oscar Wilde est une phrase que j’envisage à titre personnel comme professionnel.

Aussi, le soir, je termine en me remémorant mes trois « kiff » de la journée. Quoi qu’il arrive. Un sourire, un contrat, peu importe.

@capbertrand

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