«  Il y a une place spéciale en enfer pour les femmes qui n’aident pas les autres femmes »

Cette citation de Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’état des Etats Unis, et ambassadrice américaine aux Nations Unies,  frappe littéralement par sa véracité, et marque par l’expérience que l’on ressent dans ces propos.

Des grandes instances aux petites situations du quotidien, nous sommes nos plus virulentes détractrices. Quel est votre camp ?

Laquelle d’entre nous ne s’est jamais laissée aller à dénigrer une fille ou une femme que l’on considérait  « trop » ou « pas assez » quelque chose ? Du fashion bitching en terrasse, en voyant passer une fille mal fagotée, à la pression mise par une responsable sur une stagiaire compétente, en passant par les commérages en entreprise, inoffensifs en apparence mais qui ont une répercussion terrible sur la collaboratrice visée,  nous pouvons toutes être mauvaises langues – ou pire-  et desservir nos intérêts communs.

Vous en doutez ? Jetez un œil au Tumbler Women against feminism, par exemple…womenagainstfeminism.tumblr.com/

Abasourdies, étonnées, intriguées, incrédules, ou carrément en colère, les réactions ne mentent pas. Ces attitudes interpellent  et questionnent nos comportements.

Qu’est ce qui fait aujourd’hui que les femmes voient en leurs semblables des potentielles rivales, qu’elles s’imaginent en compétition constantes les unes envers les autres ? Pourquoi perçoit-on une femme plus jeune et jolie dans son environnement proche comme une menace, et s’efforce-t-on de saper ses efforts pour arriver à ses objectifs, qu’ils contrecarrent nos propres plans ou non ?

Comment celles qui n’ont jamais eu à subir de harcèlement de rue ou de violences en raison de leur genre peuvent juger et condamner celles qui ont traversé ces épreuves ? Quel parcours, quel environnement, quel éducation ont- elles pour justifier ces exactions par la supposée mauvaise attitude ou apparence de la femme qui en a été victime ?

Voir une femme dans une situation difficile, et regarder sans agir, par peur ou simple dédain, ou n’importe quelle raison  est une chose, mais rendre la tâche encore plus ardue à une femme parce qu’elle est femme en est une autre.

Alors je veux saluer celles qui tendent la main. Parfois ce ne sont que des petits riens, mais ces gestes disent ce que l’on a parfois du mal à mettre en mots : « je ne suis pas à ta place, mais je suis femme, et ça pourrait être moi »

Souvenez- vous de l’émission CamClash diffusée en Mai 2014 sur France 4, mettant en scène des situations vécues- et donc réelles- de harcèlement de rue en France. Et des jeunes filles, femmes, ou dames âgées qui se sont interposées.

Il leur a fallu du courage pour se dresser entre l’agresseur et la femme visée.

Au quotidien, il faut juste un peu de bienveillance.

 

@Sarah Dulac

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