Dans le domaine politique, la domination masculine se fonde sur le constat que la femme a été créée, à partir de l’homme, pour lui venir en aide. Les épisodes marquants de l’Histoire illustrent parfaitement ce constat. Du Moyen Âge à la Renaissance, les femmes des familles royales étaient souvent mariées très jeunes aux ennemis. Et malgré les exceptions comme Sparte ou les Amazones jugées différentes, indépendantes et dangereuses, les femmes ont toujours été considérées, comme le disait Vésale, père de l’anatomie moderne, comme n’étant pas plus qu’ «un homme non développé ». Les temps modernes et notamment le XXe siècle ont démontré que les femmes pouvaient être bien plus crédibles que les hommes dans le rôle de chef d’Etat.

Quelques grandes figures de l’Histoire (en toute subjectivité et de manière non exhaustive)

La reine Gorgo, l’égale du roi

Les femmes spartiates ont sans doute été assez irrévérencieuses et se sont sans doute comportées de façon extrêmement virile, surtout à l’égard de leurs maris puisqu’à la maison, elles détenaient un pouvoir sans partage et qu’à l’extérieur elles intervenaient en toute liberté dans les affaires d’État les plus importantes.

Plutarque

La reine Gorgo, épouse du roi Léonidas (6e s. av-JC) est l’une des rares femmes grecques à mener un rôle politique actif à l’époque classique, et la plus connue des femmes spartiates. En – 480, elle organise la mise sur pieds d’une armée de défense entre les villes de Grèce, tandis que son mari se fera tuer en retenant l’avancée des Perses.

Dans cette Sparte, les femmes pouvaient faire tout ce qui leur était strictement interdit à Athènes. A Lacédémone, les femmes étaient beaucoup plus libres que les hommes. Non seulement en amour mais aussi en affaires. Elles jouissaient de droits inconnus partout ailleurs. Les femmes spartiates possédaient plus de richesses que leurs maris, leurs frères ou leurs amants. A l’étranger habitué à un strict et exclusif patriarcat, la ville de Sparte offrait presque le spectacle d’un État « exotique », dominé par les femmes.

 

Aliénor D’Aquitaine, deux fois reine

De France avec Louis VII, puis d’Angleterre avec Henri II de Plantagenêt. Séductrice, elle va remettre en question la tradition masculine du pouvoir. Insoumise et libre, elle va rendre fou de jalousie Louis VII et ira jusqu’à demander le divorce. Une révolution pour l’époque. Se remariant finalement avec Henri II, elle aura le droit de se taire et de s’occuper de ses huit enfants. Mais elle ne se laissera pas faire et retournera ses fils contre lui puis s’alliera avec l’ennemi écossais. Enfermée seize ans par son mari, elle sera libérée par son fils Richard Cœur de Lion. Elle assurera la régence pendant les Croisades et fera en sorte que le trône soit occupé par sa famille.

 

 

 

Elisabeth Ière, la reine vierge

 Fille d’Anne Boleyn et d’Henry VIII qui la fit exécutée trois ans après sa naissance, Elisabeth fut, tour à tour, privée de son titre de princesse, jetée en prison pour rébellion protestante et écartée de la succession au trône avant de devenir reine, de rester vierge (elle refusa toute sa vie de se marier) et de se proclamer gouverneur suprême de l’église protestante. Politiquement modérée, relativement tolérante sur le plan religieux, reconnue pour son charisme et son caractère obstiné, elle échappa à plusieurs complots, fut excommuniée mais permit à l’Angleterre de connaître un âge d’or sans précédent (l’ère élisabéthaine).

 

 

Catherine II de Russie, l’impératrice rouge

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 Régnant sur la Russie durant 34 ans, le plus long règne de son histoire, elle a su, à la fois développer à peu près tous les domaines et à la fois, repousser l’envahisseur. Elle multiplie par 3000 le nombre d’usines, invente le concept de ville-modèle, fait construire des établissements scolaires en pagaille, fonde le premier collège de médecine et créé l’académie des Beaux-Arts. Son âme de guerrière accomplie lui permet de gagner la guerre contre les Turcs obtenant la libre navigation sur la Mer Noire et l’indépendance de la Crimée, sans compter l’expansion de son empire. Sa vie privée est plutôt tumultueuse. Elle choisit notamment ses amants en faisant analyser leurs cultures et leurs performances sexuelles.

 

 

 

Catherine de Médicis, la régente noire

Plus ou moins à l’origine du massacre de la Saint Barthélémy qui vit les catholiques exécuter les protestants, elle avait pourtant privilégié une politique de tolérance religieuse. Elle avait même organisé le mariage de la reine Margot avec Henri de Navarre pour apaiser les tensions entre les deux camps. Mais le problème protestant devint insoluble. Négociatrice hors pair, elle a tendance à se battre pour des causes perdues. Elle apaise les tensions entre Marguerite et Henri de Navarre, s’allie avec Elisabeth Ière d’Angleterre, aide le Portugal à reconquérir son territoire envahi par son voisin espagnol et affronte la rébellion parisienne au cours de la Journée des Barricades.

 

 

Jeanne d’Arc, comme un homme

Tout le monde connaît son histoire. Des voix de son enfance qui lui ordonnent de mener Charles VII à Reims pour le couronner roi de France et bouter les Anglais hors du territoire, en passant par sa transformation en véritable chevalier à la tête d’une armée d’hommes pour libérer Orléans, jusqu’à sa capture après avoir été trahie et vendue aux anglais pour finir par être brûlée vive, elle meurt en habit d’homme préférant cela à vivre prisonnière en habit de femme.

 

 

 

 

Olympe de Gouges, citoyenne à part entière

 

O femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption, vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de vous en affranchir ; vous n’avez que le vouloir.

 Veuve et mère à dix huit ans, indépendante à vingt, elle prend le nom de scène d’Olympe de Gouges et fréquente écrivains et intellectuels. A trente, elle écrit des pièces de théâtre et des romans s’attaquant notamment à l’esclavage.

Pendant la Révolution, elle plaide pour le droit au divorce et parodie la Déclaration des droits de l’homme en publiant la Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne. Partisane d’une monarchie constitutionnelle à l’anglaise, elle sera guillotinée sur ordre de Robespierre.

 

La reine Victoria, la plus populaire

 

Au début de son règne, l’Angleterre est au plus mal suite à la révolution industrielle. Un quart des femmes se prostituent à Londres.

Exemple de couple idéal, Victoria et son mari le prince Albert et leurs neuf enfants atteignent l’apogée de leur popularité lorsqu’ils organisent L’Exposition Universelle. La puissance anglaise va se traduire alors par: une capitale devenue la principale métropole mondiale; la démocratie parlementaire; la domination des mers.

A sa mort, après 63 ans de règne, l’empire occupe un quart de la planète, l’Angleterre est la première puissance mondiale et Victoria, tellement populaire qu’on qualifiera son époque d’ère victorienne.

 

Hubertine Auclert, la suffragette française

Fonde la société Le droit des femmes qui deviendra plus tard Le suffrage des femmes. Militante pour le droit politique des femmes, elle créé le journal La Citoyenne pour défendre la libération de la femme. Enfin, elle fonde Le conseil national des françaises avec d’autres féministes.

Elle revendique la non imposition des femmes, le contrat de mariage avec séparation des biens et l’égalité complète. A la suite d’un voyage en Algérie avec son mari, elle prendra également fait et cause pour les femmes arabes. Elle mènera des opérations d’envergures dans sa lutte pour l’égalité des sexes.

 

Benazir Bhutto, première dirigeante musulmane

 

Première femme à diriger un pays musulman, elle connaît d’abord l’exil suite au renversement du gouvernement mis en place par son père. Relâchée deux ans plus tard, elle quitte son Pakistan natal pour l’Angleterre évoquant des raisons médicales. Elle devient alors cheffe du Parti du Peuple Pakistanais et retourne au pays où elle échappe d’abord à un attentat avant d’être élue premier ministre à la mort de son père. Accusée de corruption et démise de ses fonctions par le président d’alors, elle gagne une seconde fois les élections législatives. Mais condamnée pour corruption, elle s’exile pendant huit ans. A son retour, elle remet ça en annonçant sa candidature, échappe encore une fois à un attentat mais c’est la fois de trop, et elle est finalement assassinée par un taliban.

Eleanor Roosevelt, l’omniprésente

De bourgeoise antisémite et homophobe, elle va devenir une femme de gauche engagée, présente sur tous les fronts : elle défend les femmes, les minorités, publie tous les mois un éditorial dans un magazine féminin à succès, écrit un livre incitant le recours à la force contre le Japon, intervient constamment dans des réunions à la Maison Blanche et invite le roi d’Angleterre afin de renforcer les liens entre les U.S.A. et le Royaume Uni. Populaire, sa vie privée est chaotique, tantôt hétéro, tantôt homo, elle est vite nommée au Bureau de la Défense Civile par son mari qui n’en peut plus. Mais elle finit par démissionner. Après la conférence de Yalta, son mari diminué, elle reprend le flambeau en devenant membre de la délégation américaine à l’assemblée générale des Nations Unies et présidente de la Commission des Droits de l’Homme pour six ans.

 

Margaret Thatcher, la dame de fer

 

 Elle ne laissera personne indifférente, détestée ou adulée, elle devient la première femme à la tête du parti conservateur. Adepte de la doctrine néolibérale de Milton Friedman, elle réduit l’inflation et le rôle des syndicats, prétextant : « There is no alternative ». Ce sont les journalistes soviétiques qui la qualifient de dame de fer à cause de son inflexibilité dans ses rapports à l’URSS, son grand ennemi. Elle le sera également avec les membres de l’IRA et dans sa gestion de la guerre des Malouines contre l’Argentine. Elle échappera à un attentat de l’IRA, et ne cèdera pas non plus face à la grande grève des mineurs. Seule la maladie d’Alzheimer la fera plier.

 

Et aujourd’hui ?

Dans le monde, elles sont simplement 12. 4,93% des pays du monde sont dirigés par des femmes. Le chiffre monte légèrement pour les états reconnus (6,21%). ©Tuxboard.com

 

@denisbertrand

 

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