Une leçon pour les femmes du monde entier.


Pour celles qui sont victimes de harcèlement sexuel, de viol ou de violences conjugales auxquelles elles n’opposent ou ne peuvent opposer souvent qu’une résistance passive car elles ne veulent ou ne peuvent pas répondre à la violence par la violence, parce qu’il faut laisser la justice faire son travail, parce qu il faut savoir pardonner, et surtout parce qu’en France, par exemple, la seule arme de défense à leur disposition est un numéro vert.

Les combattantes yézidies, autrement appelées les Yapajachas, qui forment désormais une brigade, font la guerre aux barbares de Daech. C’est-à-dire, à tout l’Etat Islamique. Iraniennes, syriennes ou turques, elles se battent pour une nation kurde. Yézidies vient du mot « Ezidi » qui signifie « ange » ou « être suprême ». Elles croient en la protection du soleil d’où leur surnom de « Sun Girls ». Elles ont choisi de ne pas être des victimes. Regardez-les.

Elles se battent en famille. Vous savez, la famille, cette notion avec laquelle on nous rabâche les oreilles à longueur de journée dans les médias mais que la société, du moins occidentale, méprise en réalité.

Elles aussi pensaient qu’être libres, c’était d’en avoir plein leurs armoires, d’avoir un nouveau téléphone portable, de belles fringues et un physique de rêve. Vivre dans la plus totale insouciance de ce qui se passe ailleurs que chez soi. Depuis qu’elles ont un but, la liberté a changé d’identité. Elles se sont entraînées au maniement des armes et au combat. Jeunes ou moins jeunes, elles ont décidé de ne plus être soumises ni à un mari, ni à un frère, ni à un père. Elles ont appris à avoir confiance en elles et c’est de là que vient leur vraie force.

Elles pensent aux morts et préfèrent être tuées que de perdre leur honneur. Elles ont trouvé le courage de faire face et c’est bien là ce qu’il faut retenir de tout cela. Elles ne comptent pas sur le soutien des hommes. Même si certains se rebellent à leurs côtés. Désormais, les hommes ont peur d’elles car pour ces bêtes sanguinaires, c’est une honte d’être abattu par des femmes car cela les prive des soixante douze vierges qui les attendent là-haut.

 

Alors évidemment, certaines ont subi les pires atrocités de la part de ces misogynes machistes et celles-là, malheureusement, n’ont plus que la force de raconter. Mais imaginez que les femmes du monde entier inspirent de la peur à leurs harceleurs, à leurs violeurs potentiels, à leurs maris violents ou leurs pères incestueux. Imaginez ou plutôt réalisez, car ça existe et ça marche.

Elles forment un bataillon d’environ cent cinquante femmes avec pour seul mot d’ordre .

Ils nous violent, on les tue.

Ce n’est, pour l’instant, qu’une goutte d’eau dans l’océan mais un jour, ce sera la goutte d’eau qui fera déborder le vase et toutes les femmes qui croient qu’elles ne peuvent rien faire contre la violence qu’elles subissent, se décideront peut-être à agir.

Savez-vous que parmi les Sun Girls, il y a des pop stars, des tops model, et qu’elles viennent du monde entier ? Ce n’est pas une question de culture car contre toute forme de violences faites aux femmes, il ne doit plus y avoir de barrières ni de frontières.

Fin de la leçon.

 

Denis Bertrand

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