Jouets pour filles, jouets pour garçons :
les enfants ont-ils le choix ?

Une nouvelle étude dirigée par la City, University of London montre que les préférences des enfants pour les jouets genrés ont évolué depuis les années ‘80.
Une nouvelle étude de City, University of London en collaboration avec des chercheurs de University College London et Glasgow Caledonian University montre que les préférences des garçons et des filles pour les jouets se développent différemment au fil du temps. En effet, les chercheurs ont découvert que chez les garçons, le temps de jeu avec des jouets destinés à leur sexe augmentait avec l’âge, tandis qu’un modèle équivalent de comportement n’a pas été retrouvé chez les filles.

Le choix des jouets sous influence biologique et sociale à la fois

Dès leur plus jeune âge, les enfants choisissent généralement de jouer avec des jouets destinés à leur propre sexe. Au fil du temps, des décennies d’études – à partir de 1932 – ont mis en évidence des différences entre les sexes dans la préférence pour les jouets, en utilisant diverses méthodes et contextes sociaux.
En examinant 16 études de 1980 à 2016 qui analysaient les observations du choix libre de jouets chez les enfants entre un et huit ans (impliquant 787 garçons et 813 filles), la méta-analyse dirigée par la City, University of London est publiée dans la revue Infant and Child Development. Elle aide à expliquer certaines tendances complexes autour des préférences de genre en matière de jouets, avec la découverte de différences significatives entre les préférences des garçons et des filles à travers différents âges, différentes périodes, pays et contextes ; indiquant une influence innée sur ce comportement.
Il met également en évidence un effet qui semble être le résultat de facteurs sociaux et liés au développement et apparaissant à différents âges. L’augmentation du temps de jeu des garçons avec des jouets considérés «masculins» indique que les effets sociaux stéréotypés peuvent persister plus longtemps chez les garçons ou qu’ils ont une prédisposition biologique plus forte pour certains styles de jeu. L’auteur principal de l’étude Dr Brenda Todd, maître de conférences en psychologie à la City, University of London affirme : « Ces résultats peuvent indiquer les effets différents des préférences innées et des expériences sociales sur le développement des garçons et des filles, comme en témoignent les jouets avec lesquels ils choisissent de jouer lorsqu’ils ont le choix. Ce que nous avons constaté, c’est que, au fur et à mesure que les garçons grandissent, ils jouent plus avec des jouets destinés à leur sexe. »
Jouets genrés, jouets neutres : quels effets sur les choix des enfants ?
Les différences de sexe concernant les préférences des enfants pour certains objets sont susceptibles de trouver leur origine dans les différences biologiques qui sont influencées par la suite par le développement cognitif, mais aussi à des facteurs sociaux. Dans les deux cas, l’impact de la société sur un tel choix de jouets est susceptible de changer au fur et à mesure que les cerveaux des garçons et des filles se développent et qu’ils prennent conscience de leur propre genre et des normes associées qui s’appliquent dans la société.

En analysant des observations systématiques du choix libre de jouets par les enfants sur plusieurs décennies, le but de l’étude était d’estimer l’effet du contexte social et culturel des tests, de l’âge des enfants et des méthodologies où les garçons et les filles reçoivent à la fois des jouets « neutres » et des jouets « conformes » du point de vue du genre.
Les chercheurs ont également constaté que, lorsque des jouets « neutres » étaient également inclus parmi les choix possibles, les garçons jouaient relativement moins avec les jouets destinés à leur sexe, et que les filles jouaient relativement plus avec des jouets dits « pour garçons ».

Vers une plus grande perméabilité des genres ?

Les chercheurs ont également constaté que, dans des études plus récentes, les filles jouaient beaucoup moins avec des jouets « pour filles » (les études ont typiquement utilisé des poupées, des cosmétiques et des équipements de cuisine). Ce constat peut indiquer une tendance vers une plus grande égalité des genres dans les sociétés occidentales.
Les résultats indiquent un effet possible du temps historique sur la préférence des enfants pour certains jouets et le potentiel des publicités d’influencer le choix des enfants en augmentant la pression sociale pour jouer avec des jouets spécifiques à un genre particulier.
« Après l’enfance, affirme le professeur Brenda Todd, les influences sociales des parents, des pairs, des éducateurs et des médias sont plus accessibles aux enfants. Par conséquent, l’acquisition d’une identité de genre et de connaissances concernant le comportement des autres spécifiques au genre, peuvent expliquer l’augmentation de la préférence des garçons et des filles pour les jouets destinés à leur propre sexe pendant cette période.
Cependant, comme le montre notre étude, malgré les différences entre les comportements individuels des garçons et des filles, les enfants choisissent massivement des jouets destinés à leur sexe. Par conséquent, il est important que nous nous assurions que les jouets qui sont attrayants pour chaque sexe ne soient pas restrictifs concernant les compétences qu’ils offrent, afin que tous les enfants puissent apprendre du jeu et ne pas manquer des avantages associés à leur développement. »

Référence :

BrendaToddDr Brenda Todd et al (2017). « Sex differences in children’s toy preferences: A systematic review, meta-regression and meta-analysis ». Infant and Child Development

À propos de la City, University of London : 
La City, University of London est une université internationale idéalement située en plein cœur de Londres qui s’engage à l’excellence académique et est axée sur le commerce et les professions libérales.
Il s’agit du premier établissement universitaire de Londres en termes de satisfaction des étudiants (The Complete University Guide), globalement classé 18e au Royaume-Uni (Guardian University Guide), et il fait partie du groupe des cinq pour cent des meilleures universités du monde (Times Higher Education World Rankings).
La City compte environ 19 500 étudiants (dont 46 % en troisième cycle) originaires de plus de 150 pays, alors que ses enseignants viennent de plus de 75 pays. Plus de 130 000 anciens étudiants, dans plus de 180 pays, constituent le réseau Alumni de la City. L’enseignement de la City est très varié, avec des compétences de premier plan dans les domaines suivants : management, droit, sciences de la santé, mathématiques, informatique, ingénierie, sciences sociales, humanités (notamment le journalisme) et arts (notamment la musique).
L’histoire de l’université commence en 1894, avec la fondation du Northampton Institute, à l’emplacement actuel de la partie principale du campus de la City. En 1966, la City obtient le statut d’université par charte royale et le Lord-maire de Londres devient son Chancelier. En septembre 2016, la City rejoint la fédération de l’Université de Londres, et Son Altesse Royale la princesse Royale devient Chancelière de la City. Professeur Sir Paul Curran est vice-chancelier et président de la City depuis 2010. https://www.city.ac.uk/

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