LA FEMME DIGITALE

Comme vous le savez, sans le numérique, vous ne pourriez pas lire ces lignes ni vous procurer

WOMEN SIDE, le mensuel. Sans lui, je n’aurais pas pu aller au bout du rêve dont il est le moyen : donner à voir, librement.

Le meilleur à envisager au moment où le « tout numérique » devient une religion, c’est que les raisons et conséquences s’approchent le plus possible d’un humanisme décuplé. Car l’impact social et éthique est monstrueux.

Alors opportunité ou risque ?

Personne n’a vraiment le temps de répondre à cette question essentielle face à une accélération consentie de fait, puisque « bankable ». Le cash fait sa loi, d’abord.

Dans le florilège de « tech » destinés à notre émancipation, des entreprises envisagent de créer des technologies destinées à augmenter nos capacités cérébrales. On imagine alors des machines capables d’apprentissage, de prise en compte d’environnements différents, pour se modifier elles-mêmes. Mais le cerveau reste une machine qu’aucun robot ne peut égaler, puisqu’il demandera une énergie et un volume plus grand que nos hémisphères.

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Et tant mieux. Sauf que nos cerveaux n’arrivent pas du tout à transformer ces chiffres :

20% des acteurs du numérique et 20% des ingénieurs sont des femmes. Et elles gagnent des salaires 10% inférieurs à celui des hommes.

A contrario, les femmes sont les plus grandes utilisatrices, et donc consommatrices de tout ce que le digital vend de meilleur.

Et c’est là que ça coince, si vous me passez l’expression.

Les expertes du web nous expliquent à tort et à travers qu’il faut plus de femmes.

Qui les écoute ? Les femmes.

Qui contribue à la communication digitale des entreprises, TPE, PME ? Les femmes.

Et l’on se réjouit de préparer des kermesses tous les ans, sous la tutelle de telle ou telle structure de développement pour les femmes du net.

Mais enfin, que se passe-t-il ? C’est grotesque. Les femmes du numérique, de l’informatique sont défendues par une communication digne d’un engagement humanitaire associée à un processus « marketé », avec talent certes.

Non pas que ce ne soit pas un handicap pour la société de devoir distinguer une silhouette féminine dans ces « mondes d’hommes ». C’est franchement déplorable d’afficher des pourcentages frustrants et on ne cesse de le rabâcher tous les ans . Mais sera-t-il possible un jour de changer de manière d’amener le sujet ? Ne serait-ce que pour nous donner la répartie facile. Parce que les manières sectaires et corporatistes deviennent franchement caricaturales.

Au secours.

A moins que ce marronnier fasse la fortune de celles qui veulent s’ériger en gourous sans jamais chercher vraiment à éradiquer la robotisation du discours, voire à souhaiter son industrialisation, toujours à des fins publicitaires. Oui la femme « digitale »  vendue est une image fantasmé. D’ailleurs tout est dans l’expression – mal choisie – :  un robot reproducteur de technologies des tendances, une consommatrice éloignée de nos ambitions émancipatrices.

 

 

– WOMEN SIDE 2018 –

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