Le mardi 5 avril 2016, une réunion a eu lieu à l’Assemblée nationale française en présence de M. Bruno Le Roux, président du groupe socialiste ainsi que de nombreux parlementaires français, à l’occasion de Norouz, le nouvel an iranien.

Maryam Radjavi est une femme politique iranienne connue pour son opposition au régime de la République Islamique d’Iran et pour ses prises de position résolues dans la presse contre l’intégrisme en faveur de la démocratie, de la séparation de la religion et de l’État et de l’égalité des femmes et des hommes. Elle est considérée comme la principale opposante au régime iranien. Elle a notamment présenté à cet effet un plan en 10 points pour l’Iran de demain.

 

En fait, ils ont fait de l’Iran une immense prison de femmes.

 

A cette occasion,  Maryam Radjavi a rappelé les points de résistance et sa vision d’une nouvelle politique iranienne, et mondiale.

 

En soulignant que l’ennemi du peuple iranien est le fascisme religieux et misogyne qui a procédé à des dizaines de milliers d’exécutions politiques, notamment de femmes, la Résistance iranienne prône la liberté et l’égalité des femmes. Lors de son discours à l’Assemblée nationale elle a annoncé que les différentes couches sociales en Iran exigent un changement de régime et la fin du régime des mollahs. Ils ont montré ce désir à travers l’organisation de 6500 manifestations au cours de l’année écoulée.

Auparavant, Maryam Radjavi avait déclaré à l’occasion d’une conférence le 27 février 2016 :
« Tout ce qui est contrainte et obligation et tout ce qui rejette le vote et le libre choix populaire, non seulement ce n’est pas l’islam mais c’est contraire à l’islam. Et tout ce qui nie l’égalité des droits des femmes, n’a pas sa place dans l’islam.
Face à l’extrémisme, l’obscurantisme et l’instrumentalisation de la religion, nous défendons l’islam démocratique.
Nous voulons avec ce mot émancipateur d’égalité et en particulier de participation active et égale des femmes à la direction politique, faire de ce siècle, le siècle des femmes, une ère de libération des femmes et de l’Humanité. 

Un autre domaine de la violence et de la contrainte en Iran, c’est le voile obligatoire. Les femmes en Iran dès les premières semaines du pouvoir de Khomeiny ont protesté contre le voile imposé. A la même époque, les femmes du mouvement des Moudjahidine du peuple ont participé activement dans les manifestations contre le voile obligatoire.
Le mollah Rohani dans ses mémoires, reconnait avoir été – dans sa fonction de représentant de Khomeiny au bureau politico-idéologique de l’armée – celui qui a imposé le voile dans l’administration de l’armée et de s’être rendu personnellement dans tous les services pour le faire entrer en vigueur.
De même, il existe toute une série de règlements qui restreignent les libertés individuelles et sociales des femmes en Iran. De multiples organes spéciaux ont été mis sur pied uniquement pour combattre les femmes jugées mal-voilées. D’après des informations officielles, en un an, les agents ont interpellé 3,6 millions de femmes soi-disant « mal voilées » dans les rues et en ont envoyées 18.000 devant un tribunal.
Il y a deux ans, les hommes de main du régime ont vitriolé de nombreuses femmes dans la ville d’Ispahan et aujourd’hui encore, des jeunes filles comme Soheila, Neda et Sara souffrent toujours de ces brûlures. Leurs souffrances incarnent celles de toutes les femmes d’Iran.
C’est pourquoi une fois de plus nous disons : les femmes iraniennes doivent être libres ! Elles doivent elles-mêmes choisir leurs opinions, leurs vêtements et leur vie. Et nous répétons : Non au voile obligatoire ! Non à la religion obligatoire ! Non à un gouvernement obligatoire !
Les femmes de la Résistance iranienne se battent pour que le peuple iranien, en particulier les femmes, soit libéré afin de pouvoir décider de son destin.Le régime du guide suprême, qui pratique le monopole à outrance, s’oppose de toutes ses forces à ce droit.
Face à lui, nous insistons sur un maximum de participation égale des femmes à la direction politique. Cette exigence, n’est pas juste un slogan et un programme pour l’avenir mais se fonde sur la pratique de cette Résistance.
La persévérance de ce mouvement est le fruit d’une défense sans concession de la cause de la liberté et de l’égalité. En particulier, ces trente dernières années, l’organisation des Moudjahidine du peuple a fait de la valeur de l’égalité la base pratique de sa lutte et de ses relations internes. Une génération de femmes de l’OMPI gère depuis des années de grands organes de la Résistance, mettant ainsi cette valeur en application. Par ailleurs, une génération d’hommes qui croient dans la cause de l’égalité, a accepté l’égalité des femmes et leur rôle d’avant-garde, trouvant ainsi leur émancipation et un nouveau sens des responsabilités. La formation du Conseil centrale avec un millier de femmes pour diriger la résistance, est un grand pas dans cette voie. »

Et aujourd’hui, elles ouvrent la voie en confiant des responsabilités à la nouvelle génération.

@capbertrand via le CNRI

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