C’est l’histoire de David contre Goliath. Une stagiaire contre la peine de mort.

Cette femme de 30 ans a lancé un caillou dans l’engrenage des injections utilisées aux Etats Unis pour provoquer la mort de détenus de certains états du pays.
Après des études de littérature française à l’Université d’Oxford et lors d’une mission chez Reprieve, une structure caritative qui lutte contre la peine de mort, qui lui demande de faire des recherches sur internet sur les produits utilisés à cet effet, Maya Foa fait le lien entre une entreprise située à Londres et l’administration pénitentiaire de l’Oklahoma notamment. Quel lien ? Le sodium thiopental : un anesthésique qui entraine un ralentissement des mouvements musculaires et respiratoires.
Un des composants du cocktail capital.
C’est là que commence tout le travail de sabotage de Maya Foa.

En interpellant le gouvernement britannique à ce sujet, les exportations de produits utilisés pour l’injection mortelle sont interdites par le ministre du commerce. Les Etats Unis parviennent à remplacer le sodium thiopental par d’autres produits aux molécules similaires.
Et c’est au Danemark que Maya continue son acharnement, lorsqu’elle adresse ses informations à l’entreprise pharmaceutique qui fournit les Etats Unis et leur apprend l’utilisation mortelle de leurs produits. Les médias sont avertis et Maya obtient le refus de la société de vendre leur molécule aux prisons américaines.
Au tour de l’Union Européenne de s’unir aux cotés de Maya Foa pour amoindrir les possibilités d’exportations de produits anesthésiques vers les Etats Unis. Le scandale lié à la réputation des laboratoires pharmaceutiques va aider, ces derniers ne tenant pas particulièrement à ce que leurs produits aient un quelconque lien avec la peine de mort, interdite en Europe.

Résultat, les Etats Unis et Barack Obama en personne réagissent lorsque des exécutions tournent à l’agonie. Utilisant d’autres produits moins « efficaces », les prisons subissent les cris de détenus qui ne parviennent pas à être endormis, qui mettent plus de 20 minutes à mourir – contre 7 minutes habituellement – avec acharnement pour arrêter leur cœur de battre.
Les actions de Maya Foa ont mené à la mise en place du Stop the Lethal Injection Project.
«Notre stratégie est de susciter une « fatigue de l’exécution », en la faisant apparaître trop chère, trop compliquée, trop risquée. De créer les conditions d’une abolition de la peine de mort en menant une guerre d’usure. Si les Etats-Unis condamnent les lapidations en Iran, comment justifier l’injection de produits qui provoquent une longue agonie ?»

http://www.reprieve.org.uk/

capbertrand

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