Egalité au sein des espaces publics : 82 % des Français estiment que les femmes sont victimes de discriminations et violences sexistes. Selon une étude OpinionWay(1) pour TEDxChampsÉlyséesWomen, le respect des hommes et la dévalorisation des femmes dans les espaces publics réels et virtuels sont constatés par une majorité de Français.

A l’occasion de la 4e édition de TEDxChampsÉlyséesWomen intitulée « Equalicity », TEDxChampsÉlyséesWomen révèle ce jour les résultats d’un sondage exclusif mené en étroite collaboration avec Opinion Way sur « les enjeux des espaces publics sur l’égalité femmes-hommes ».

Circuler dans la rue ou les transports publics, une liberté fondamentale occultée

Les résultats de l’enquête sont sans appel : dans la rue ou les transports publics, l’espace public « réel », les femmes sont traitées avec moins de respect que les hommes pour 61 % des Français. Et 82 % d’entre eux estiment que ce manque de respect dans l’espace public se traduit par des discriminations et violences sexistes.
46 % des Français estiment par ailleurs que les inégalités ont lieu au sein des institutions françaises, mais aussi dans la publicité pour 56 % des interviewés et dans les médias pour 46 %.
Le droit à la ville, permettant de s’approprier pleinement l’espace public demeure un combat pour les femmes. Cette dévalorisation se retrouve également dans la moindre importance accordée à leurs prises de parole en public. 70 % des personnes interrogées estiment que les prises de parole des femmes ne sont pas suffisamment prises au sérieux et qu’on ne leur accorde qu’une faible importance (64 %). Et 60 % des Français considèrent que les femmes ont plus de mal à s’exprimer en public car les hommes leur coupent la parole. Quant aux femmes, elles sont 80 % à considérer ne pas être prises au sérieux lorsqu’elles parlent.
Des différences de perception ressortent très fortement selon le sexe des personnes interrogées : les femmes sont systématiquement plus nombreuses à estimer que les hommes sont mieux traités qu’elles ne le sont dans les espaces publics (67 % contre 56 %) ou les médias (55 % contre 37 %).

1  Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1059 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées du 20 au 22 septembre 2017.

Toutefois aux yeux des Français, la famille se classe comme l’espace le plus égalitaire de tous pour 82 % d’entre eux. Mais un clivage générationnel apparait également. Les jeunes âgés de 18 à 24 ans se montrent plus sceptiques que leurs ainés concernant la réalité de l’égalité hommes-femmes au sein de leur propre famille avec 25 % d’entre eux jugeant que les hommes y sont mieux traités que les femmes contre 5 % pour les personnes âgées de 50 ans et plus.

Cyber-sexisme : violences virtuelles mais bien réelles

Ne se limitant pas à l’espace public « réel », les inégalités prospèrent également dans l’espace public virtuel. Internet reflète cette inégalité de traitement et devient l’espace d’une nouvelle forme de harcèlement : le cyber-sexisme.
L’impact d’Internet sur la représentation des femmes divise les Français : 41 % d’entre eux estiment que l’arrivée d’Internet n’a, au final, ni changé ni amélioré la situation. A l’inverse, 33 % des interviewés constatent des changements positifs tandis que 24 % jugent que la situation des femmes s’est dégradée.
Si l’opinion des Français diverge sur l’influence d’Internet sur la représentation des femmes, elle est beaucoup plus consensuelle sur le fait qu’Internet est aussi un lieu d’inégalités : 49 % des Français considèrent que, sur les blogs ou les réseaux sociaux, les hommes sont traités avec plus de respect que les femmes. Véritable miroir de la société et prolongement de l’espace public « réel », l’espace public virtuel n’échappe pas aux inégalités femmes-hommes.

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Espace public aux contours plus flous, Internet tend même à créer de nouvelles formes de discrimination et de harcèlement comme le cyber-sexisme, qui peut prendre différentes formes, comme la propagation de rumeurs, l’envoi de messages diffamatoires ou de photos et vidéos à caractère sexuel. Il réduit les femmes (mais aussi les hommes) à leur apparence physique ou à leur comportement intime. D’ailleurs, 8 % des Français déclarent avoir été touchés eux-mêmes par le cyber-sexisme (4 %) ou connaissent dans leur entourage une personne concernée par ce phénomène.
Encore une fois, les femmes sont davantage touchées personnellement par cette forme de harcèlement que les hommes (6 % contre 2 %). La jeune génération, traditionnellement plus connectée que ses aînés, est davantage frappée par ce phénomène : 14 % des moins de 35 ans ont été touchés eux-mêmes ou au travers d’un proche par le cyber-sexisme contre 6 % des personnes plus âgées.

Ce type de harcèlement suscite des craintes fortes au sein de l’opinion : les parents d’enfants de moins de 18 ans craignent autant pour leur enfant le harcèlement de rue (75 %) que le cyber-sexisme (76 %).

Dans l’attente d’une action des pouvoirs publics pour un quotidien plus égalitaire

Si les citoyens peuvent participer à leur échelle à la lutte contre les inégalités femmes-hommes, les Français considèrent que ce sont bien aux pouvoirs publics et aux géants du web, notamment vis-à-vis du cyber-sexisme, d’impulser des actions efficaces.
Ainsi pour 59 % des personnes interrogées, la société elle-même a un rôle à jouer pour une égalité des espaces publics, via des mouvements citoyens tels que des marches exploratoires. Et 82 % d’entre eux estiment que cela doit être une priorité des pouvoirs publics. Cette priorité doit aussi être celle des entreprises du web comme Facebook ou Instagram qui doivent agir dans la lutte contre le cyber-sexisme, comme l’affirme 86 % du panel.

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