Journaliste et auteur, voici l’homme du futur, du changement. Pas si sûr me direz-vous, tant les préjugés sont tenaces. Dans son ouvrage « Pourquoi les femmes se font-elles toujours avoir », le ton est donné : provocateur et bienveillant. Les hommes se font tirer le portrait par la même occasion et c’est toute la société qui pourrait bénéficier d’une complémentarité annoncée. Rencontre avec la force tranquille du futur changement. Justement aussi c’est le titre de son blog et d’un livre.

Quelle est ton approche en tant qu’homme sur le sujet ?

Le fait d’être un homme est un moyen plus facile pour parler aux femmes. Il n’y a pas l’idée « c’est une femme donc une potentielle ennemie ». Mais le fait d’être un homme est difficile aussi parce que je n’ai pas envie de passer pour un donneur de leçons, de les braquer. Je dois sans cesse trouver le juste milieu.

 

Comment en vient-on à parler de la place des femmes, qui plus est dans un livre ?

C’est mêlé à mon parcours professionnel. J’ai voulu devenir journaliste. C’est une reconversion. Mon idée était d’abord de ma céder à la facilité en reproduisant des stéréotypes mais de rendre accessibles des sujets tels que celui-là, sans faire de raccourcis. Et c’est un vrai challenge. J’interviens également dans les écoles et les entreprises. Lorsque je vois des collégiens venir discuter à la fin de mes interventions, parcequ’ ils sont interpellés par ces questions d’égalité, je me rends vraiment compte qu’il y a matière à discussion. Dans les entreprises souvent j’utilise des anecdotes sur un ton provocateur et j’en profite pour aller au bout du débat.

Tu es spécialiste du changement. Ce changement concerne-t-il davantage les femmes aujourd’hui ?

On aime me présenter comme ça. J’ai un début de carrière dans la formation et surtout dans le cadre de l’orientation professionnelle. C’est l’entrée parfaite pour discuter de la question du choix de carrière. Lorsque l’on parle de choix de métier, on est tellement dans les stéréotypes ! Au cours d’une de mes interventions, une jeune fille me faisait remarquer les difficultés qu’elle avait rencontrées lors d’un forum d’orientation, car elle voulait devenir maitre-chien dans la gendarmerie. Elle a essuyé des réflexions gênantes et des moqueries. Au début de ma carrière je travaillais auprès de femmes qu’on aidait à choisir un métier. J’ai remarqué à ce moment-là qu’elles n’exploraient pas tous les secteurs qui embauchaient, estimant qu’elles n’ont pas les prérequis. Il s’agit de leurs propres résistances. Aujourd’hui, on sent qu’il y a un gros travail et cela touche toutes les catégories socio-professionnelles.

Aux femmes qui disent qu’il n’y plus vraiment de problème, que réponds-tu ?

Lorsque j’interviens dans les entreprises, elles sont rares à le dire, même si certaines considèrent qu’elles sont là pour aider les hommes à faire carrière. Je trouve cela triste. Aujourd’hui, personne ne peut dire qu’il n’y a pas de problème puisque l’on en parle partout et souvent. En revanche, l’on dépasse rarement le constat, les statistiques. Le problème est partout, il a une grande inégalité, on en parle et puis c’est fini.

Après ce livre, quels sont tes autres projets en ce sens ?

En tant que journaliste, je trouve que c’est un sujet clé. Je continue à travailler là-dessus. J’attire l’attention des femmes sur les mécanismes stéréotypés, pour élargir mon propos sur la place des individus, finalement.


 

Retrouvez les travaux d’Yves Deloison :

« Pourquoi les femmes se font-elles toujours avoir » Ed. First, 2013.

« L’homme, le nouveau sexe faible ? » Ed. First, 2014.
« Changer de job : la méthode pour réussir » Ed. Héliopoles, 2015.

« Heureux comme un Français en France », Ed. Presses de la Cité, 2016

 

 

 

@capbertrand

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